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Faut-il déconnecter ?

Ou plutôt peut-on vraiment déconnecter ? Internet est devenue une drogue, au même titre que la cigarette. En tous cas, cela a le meme effet sur moi. L’espace de quelques secondes, on se raisonne puis vient l’obsession lancinante de la cigarette entre nos doigts. Et on ne pense qu’à ça. Plus l’envie se fait ressentir, plus l’agacement grandit. Comme une femme au régime en somme. Le seul endroit où je n’en souffre pas est aussi le seul endroit où cela m’est complètement interdit: l’avion. Pour internet, c’est pareil. Quand je sais que je peux, cela devient compliqué d’y resister. En revanche, si c’est impossible, cela en devient presque un soulagement. Vit-on mieux sans ? Je ne m’interroge pas sur la cigarette bien évidemment.

Il y a peu de pays depuis mon depart où je ne reçois pas ces 3 petites barres qui me permettent alors de communiquer avec le monde. Le monde, parlons-en. Parce que j’ai un problème avec l’actualité. Depuis que j’ai passé un mois en Indonésie en 2010, coupée du monde à faire du volontariat mais que j’ai su 3 jours après tout le monde l’attentat qui s’était déroulé à Jakarta, je suis stressée et obsédée. J’ai besoin de savoir. Pour les attentats successifs en 2015 et 2016 en France, j’étais à l’étranger. Et c’est étrange d’être réveillée en pleine nuit et découvrir des images effrayantes.

Je suis persuadée qu’en un sens, le monde est plus safe depuis qu’il est connecté. Je trouve l’option Facebook extrêmement pertinente, je ne me sépare plus de l’app maps.me pour trouver mon chemin et j’ai géolocalisé mon iPhone au cas où… au cas où je tombe dans une crevasse ou que je me perde dans un bois et que l’on puisse me repérer (mon téléphone serré contre mon coeur).

J’ai tout de meme tendance à penser que le monde était plus beau, plus serein, plus facile avant… Qu’on communiquait plus, c’est certain. Parce qu’on était dans l’ignorance ? Je me suis demandée ce que je faisais de mes soirées quand j’avais 15 ans sans téléphone ni internet. Je lisais plus, j’écrivais davantage. Quand on se retrouvait dans un café, c’était pour discuter et non pour vérifier notre téléphone toutes les 3 minutes et demie. Attention, je ne critique pas, je suis pareille. Et le réflexe au réveil est perpétuellement le même: checker mes mails (et Le Figaro). Si le monde avait cessé de tourner durant la nuit, j’aurais probablement cessé de tourner aussi.

Pour déconnecter, je vous donne les astuces. Rendez-vous en terres inconnues: décidez de partir en Alaska dans un wilderness lodge, je vous recommande celui-ci ou celui-ci, sur un bateau aux Philippines, dans un village reculé (sans électricité) au Népal. Parce que parfois, même sans internet, la vie est belle.

A regarder sur grand écran !