Anapurna Base Camp

Faire un trek au Népal

Je ne suis pas sportive. J’aime bien marcher mais tranquillement; d’un point A à un point B. Mais j’ai toujours aimé les challenges: toi avec toi-même. Quand il s’agit de se dépasser, d’aller toujours plus loin; quand, quoiqu’il arrive, tu ne lâches rien. Et je pense qu’il n’y a rien que l’on ne puisse pas accomplir. Faire un trek au Népal pour atteindre l’Anapurna Base Camp à 4130m: check! Mais j’ai souffert.

Jhinu | Trek NepalTrek Nepal | New Bridge

Au bout de 5 min de marche, j’avais bien compris que cela allait être plus compliqué que prévu et surtout moins appréciable. Et j’ai tout de suite poussé mon guide à faire toujours plus, pour sauter des étapes. Plus j’avançais vite, plus je voulais terminer rapidement: de 6h de marche, on est passés à 9h par jour – 13h sur le dernier. Parce que voilà, haro sur moi, je n’appréciais pas. Je n’appréciais pas de marcher sous la pluie, je n’appréciais pas le brouillard qui vous gâche la vue (et les marches à escalader). Je n’appréciais pas la douleur du sac sur le dos, je n’appréciais pas de regarder mes pieds pendant des heures ni de ne pas pouvoir lever le nez sans avoir de l’eau qui ruisselle sur mon visage. J’appréciais certes, le bruit des chutes d’eau, le silence de la jungle environnante. J’appréciais aussi de me vider la tête – parce que dépasser les premiers 10 kms, on cesse de penser pour se concentrer sur l’arrivée. Mais, let’s be honest, j’appréciais surtout et seulement, l’accomplissement, le dépassement de soi. Et j’ai noté que le mental prend très rapidement le pas sur l’effort physique; je me suis découvert un moral d’acier #FrenchModestyHere

Jhinu | Trek Nepal Trek Nepal | Nepal

Mais je crois que je suis allée trop loin parce que je souffre. Physiquement. Vraiment. J’ai mal aux épaules. J’ai mal au dos. J’ai mal à la tête d’être passée de 4130 m à 1350 m d’altitude en moins de 13 h. J’ai mal aux jambes. J’ai mal au coeur de ce que je me suis forcée à accomplir. Au nom de quoi ? Probablement d’un ego mal placé. Et j’ai pleuré. Vraiment très fort. Et crié. A en perdre la voix. Jusqu’à ce que mon guide me regarde, me dise « cool down » et m’indique de manière pragmatique qu’à cette altitude et avec mon attitude, je risquais d’avoir du mal à respirer. Le hoquet de surprise a eu raison de moi. Continuons (en silence).

Dans ma tête, j’entends les « tu seras fière de toi ». Oui probablement, mais pas maintenant. Pas encore tout du moins. Même si avec du recul, j’ai encore en mémoire l’arrivée et mon regard subjugué par l’Anapurna.

Anapurna Base Camp | Trek Nepal | Nepal

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Alors je pourrais vous donner des conseils & des bonnes adresses, ce que je vais faire ci-dessous. Mais je vous recommande d’y réfléchir en amont, parce qu’une balade à Rambouillet, parfois, ça suffit. Vous aurez toujours autour de vous des gens qui vous diront « ça va, je l’ai fait, tu peux le faire ». Oui, tu peux le faire mais faut-il pour autant en souffrir. Après mon impatience a eu raison de moi: ce que je voulais, c’était arriver en haut le plus vite possible, quoiqu’il m’en coûte. Et redescendre. Alors qu’il m’aurait seulement suffit d’y aller tranquillement et de prendre mon temps pour peut-être enfin réellement apprécier la montée.

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Infos utiles 

  • Tout se négocie: pour un trek au Népal et rejoindre l’Anapurna Base Camp, certaines agences demandent du simple au double voire au triple. Mais il est certain que les prix des agences ayant pignon sur rue dans Kathmandu seront toujours moins cher que ceux vus sur les sites internet.
  • Pour les agences sérieuses, je vous recommande la mienne (of course) Himalayan Hideaway ou celle qui m’a été recommandé par des amis et gérée par une femme Adventure Girl Nepal.
  • Le budget dépend aussi des prestations supplémentaires: un porteur, l’hébergement et la nourriture inclus… Un guide coûte 23$/ jour (sensiblement la même chose pour un porteur) auquel il faut rajouter 30$ pour le permis de trekking. Personnellement, j’avais préféré tout inclure mais je n’avais pas pris de porteur. Pour les aventuriers, il est tout à fait possible de faire ce trek sans guide: les étapes se succèdent et hors saison, il vous sera possible de dormir dans une guesthouse sans réservation. Comptez 900RS la nuit.
  • Il faut environ 10 jours depuis Kathmandu pour atteindre l’Anapurna dont deux passés dans les transports (AR Kathmandu – Pokhara de 7 à 11hrs en bus et 25min en avion)
  • Improbable mais vrai, le wifi est disponible dans toutes les guesthouses excepté à l’ABC
  • A ne manquer sous aucun prétexte, le lever du soleil dès 5h du matin sur l’ABC – le seul moment de la journée où les nuages disparaissent pour laisser place au sommet.
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