Philippines | Voyage en solo

La beauté des rencontres

Récemment, quelqu’un m’a dit qu’on ne faisait pas de rencontre par hasard, [that we meet for a reason]. Moi, mon scepticisme et mon parisianisme, aurions probablement trouvé cela cheesy, il y a 6 mois. Aujourd’hui, cela fait davantage sens. Je ne suis partie que depuis 3 mois et chaque pays m’a apporté son lot de surprises. Avec du recul, j’aurais même tendance à dire que cela suit une certaine ligne conductrice. Que chaque rencontre ne s’est effectivement pas faite par hasard mais qu’elle était destinée.

Je commence, progressivement mais sûrement, à ne plus pouvoir parler de mes voyages ni à répondre de manière exhaustive et pertinente à la question « Ca va ? Quoi de neuf ? »; à laquelle je réponds instinctivement « au top » ou selon, avec les variantes suivantes « fabuleux » « incroyable ». Je préfère, de très loin, écouter mes ami(e)s me raconter le quotidien que je suis en train de manquer.

Parce que oui … Oui, ce serait compliqué de t’expliquer le cheminement de mon voyage, de t’expliquer en quelques lignes, tapées maladroitement depuis mon iPhone, à quel point j’ai déjà l’impression d’avoir changé, en tous cas d’avoir appris. Parce que j’ai déjà beaucoup appris. Des autres. J’ai rencontré des gens admirables aux vies formidables. L’inverse marche aussi.

Comme Aristote l’a dit #MinutePhilosophie : « L’homme est un être sociable; la nature l’a fait pour vivre avec ses semblabes ». Et il existe une logique implacable quand on voyage solo: on ne peut pas toujours être seule. Peu importe la personne en face de soi, on cherche l’échange. Et on peut être agréablement surprise.

Que ce soit 10min sur un banc d’aéroport, une semaine au paradis ou un mois dans une famille… Toutes m’ont convaincu que j’avais fait le bon choix: partir pour découvrir, partir pour m’ouvrir l’esprit. J’ai arrêté de réfléchir avant d’agir, arrêté de penser avant de sourire…

Il y a ces rencontres qui vont durer et celles qui vous ont définitivement changé, celles aussi qui n’auront duré qu’un instant. Il y aurait mille anecdotes à raconter de gens qui ont fait mon voyage, j’ai mille et une notes dans mon téléphone dans 5 langues différentes, mille et quelques souvenirs en tête de gens qui ont fait mon quotidien.

Il y a ceux qui m’ont parlé de roman, d’autres de musique, ceux qui m’ont appris quelques mots dans leur langue, ceux qui m’ont appris leur métier, ceux qui m’ont appris l’histoire et la géopolitique, ceux qui m’ont parlé psychologie et éducation spécialisée, ceux qui m’ont fait rire, ceux qui m’ont fait pleurer, ceux qui m’ont parlé de leur expérience, ceux qui m’ont appris la vie… Il y a celui ou celle qui m’a davantage donné confiance en moi et qui m’a probablement, rendue meilleure… Et celui qui m’a dit « You’ll be fine ». Et j’y crois. Alors merci à tous ceux-là.

Le plus difficile reste à venir : rester la même, moi-même quel que soit la ville ou les gens que je fréquente.