La Semaine de 4 heures | Timothy Ferriss | Livre

[Relu, revu] La Semaine de 4 heures

« Salut Tim,

J’ai bien lu ton livre « La Semaine de 4 heures« . Deux fois. Pour être sûre. Pour faire les exercices que tu as recommandés et concocter ma liste de chronorêves que tu développes dans ton chapitre sur la réinitialisation du système. Ils sont nombreux et pas tous envisageables. J’ai dû trier.

Je trouve ton livre brillant, aucun doute là-dessus. Instructif et chargé de bons conseils. Inspirant aussi. Mais motivant surtout. Quand on te lit, on a envie d’y croire. On y croit même – enfin ceux qui sont suffisamment entrepreneurs dans l’âme pour avoir envie de se lancer. J’ai été impressionnée par ta liste exhaustive de bonnes adresses et astuces que tu développes tant dans le chapitre 10 sur « Les revenus en pilote automatique » avec les cas concrets de Tom et Joanna que dans tes annexes.

J’ai particulièrement aimé ta métaphore du cheesecake: primo, parce que j’adore les cheesecakes et secundo parce que tu termines ta théorie par cette phrase qui m’a marquée : [Les erreurs d’ambition] résultent de la décision d’agir, de faire quelque chose. Elles sont généralement le fruit d’une information imparfaite : il est impossible de disposer de toutes les données avant de se lancer. Ces erreurs sont à encourager. La chance sourit aux audacieux. 

C’est sans compter sur ton concept de miniretraite que tu définis comme un nouvel art de vivre, une sorte de slow life si souvent mentionnée de nos jours sur les réseaux sociaux. L’objectif n’est pas de voir le monde à travers l’objectif d’un appareil photo mais de le vivre et de le vivre à un rythme qui lui laisse la possibilité de nous changer. Rien à redire sur ces quelques phrases si justement rédigées.

Complété par ton chapitre sur le blues post-départ et tu as résumé l’état d’esprit dans lequel j’étais. Plus vous êtes tourné vers les résultats, plus ces douleurs [nb: l’ennui] seront vives. C’est un peu comme si vous passiez du triple expresso au décaféiné : savourer le temps au lieu d’avoir en permanence l’impression d’en manquer. My new motto.

Loin de moi l’idée donc de vouloir critiquer ton ouvrage, tu l’auras compris. Mais j’ai quand même quelques questions/ suggestions/ tourments dont j’aimerais te parler.

Dans le chapitre 8, tu parles d’externalisation et définis les compétences les plus importantes du Nouveau Bienheureux comme étant la gestion et la communication à distance. Selon toi, le temps c’est du temps et […] un assistant à distance améliorera votre vie et vous vous initierez à l’art du manager. Soit. C’est une idée que j’adorerais développer pour me décharger des corvées administratives, avoir des petites mains pour me résumer, par exemple, les lignes en italique (que personne ne lit) à la fin des contrats. Tu prends ensuite un exemple de business plan qu’il est possible de faire faire en Chine ou en Inde pour un tiers du prix en Occident. Et là, je bloque. Puisque pour toi, vivre, c’est apprendre [et qu’il ne faut] jamais cesser d’apprendre, ne peut-on pas considérer que réaliser un business plan soi-même sans l’aide d’un tiers soit une forme d’apprentissage ? Apprentissage d’un dossier, d’un secteur d’activité, d’une entreprise. Quid aussi de la satisfaction du travail bien fait et de l’accomplissement personnel ?

Je pense aussi qu’il est important que nous évoquions ton concept sur l’Art de Dire Non : pour faire le ménage et se délester des gaspilleurs de temps. Une fois que tout le monde aura compris que rester concentré sur ce que vous faites est votre politique et qu’il n’est pas question de d’y déroger, chacun l’acceptera et continuera son bonhomme de chemin.[…] Ne tolérez pas les imbéciles ou vous en deviendrez un. Non pas que je remette en question ce principe, notamment si c’est le boss qui s’exprime mais quid d’un simple collaborateur (N-) ? N’est-ce pas, et pardonne-moi par avance du terme, un peu gonflé ? Rude, pour être grammaticalement correcte. Quid de la bonne entente entre collaborateurs qui te permettra à terme de développer ton réseau professionnel, que tu chéris tant ?

Excuse-moi pour la question indiscrète qui va suivre mais : es-tu en couple ? As-tu des enfants ? J’ai bien lu les interviews et retours d’expériences que tu as récoltés auprès de familles et l’exemple que tu cites dans ton chapitre sur les peurs et les faux prétextes pour ne pas voyager devrait en rassurer plus d’une. Mais toi ? Quid de tes relations interpersonnelles ? Quel est ton secret ?

The last but not the least, qui est aussi corrélée à ma question précédente, je trouve que tu évoques peu, si ce n’est pas (suffisamment), l’environnement social ou plutôt la pression sociale qui à mon sens et dans 90% des cas, affaiblit la décision de franchir le cap. Particulièrement chez les femmes sans vouloir tomber dans les clichés. Il n’est pas aisé de s’affranchir du regard des autres et ne pas flancher devant les freins (inutiles) instaurés par nos proches. J’aurais aimé avoir ton point de vue sur le sujet.

Rassure-toi, malgré ces critiques, ton livre m’a tellement convaincue que ma boîte mail (la seule et l’unique) reçoit maintenant hebdomadairement ta newsletter. »

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Voilà en substance, le mail que j’aurais probablement envoyé à cet auteur dont j’envie la vie [à priori]. Mais j’ai bien retenu la leçon; l’homme ne lit ses mails et n’écoute ses messages que deux fois par jour, à 10h et 16h. Et tous présélectionnés par x assistants (Indiens). Le mien passera forcément à la trappe mais je ne doute pas de ses compétences en SEO.

J’avais vu cet ouvrage [La Semaine de 4 heures] sur une table de chevet pendant deux ans mais pour l’effet que cela avait eu sur le lecteur en question [du vent], je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à présent. D’autant qu’à l’époque, j’aimais moi aussi avoir des journées chargées.

Jusqu’à ce que je lise cet article qui le mentionnait. Et que je réalise, à mon tour, que moi et mes to-do du jour, on brassait du vent la plupart du temps. Pour m’occuper comme on dit, puisqu’il était impossible de sortir de ma tour d’acier avant 18h.

Jusqu’à ce que je voyage aussi. Et que je prenne la véritable mesure des mille et une choses plus intéressantes à faire en dehors de son open space. Tout du moins, entre 15h et 16h et non plus seulement, entre 18h et 19h. Comme mentionné plus haut et après en avoir longuement discuté avec d’autres voyageurs et/ ou digital nomad, le problème principal reste la pression sociale. Devoir se justifier de vouloir changer [de vie] et gérer le sentiment de culpabilité de ne pas travailler 20h/ jour qui peut vite être oppressant. Rassurez-vous, la culpabilité s’évapore aussi vite qu’elle est arrivée.

Oublions le terme « 4 heures », rythme qui me paraît inconcevable à tenir et personnellement, peu gratifiant. Je vous recommande ce livre simplement parce que je pense qu’il apprend à être efficace.

Vivre et devenir plus, voilà notre but – Timothy Ferriss

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